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Anne Kupiec

«La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 , article 11.

«La culture la plus large doit être offerte à tous sans autre limitation que les aptitudes de chacun».

P réambule de la Constitution du 19 avril 1946 , article 25 Gestuz Débardeur FemmeBlanc38 ofTrO

Quelles relations peut-on établir entre la reconnaissance constitutionnelle de la liberté d’expression et d’impression, l’accès à la culture et la déontologie professionnelle au sein de la bibliothèque ALYX Portemonnaie à anse bracelet sHLrQuMrt
? Quels en sont ses éventuels enjeux? En quoi constitue-t-elle un sujet de réflexion et d’action pertinent pour les bibliothécaires? Mais tout d’abord qu’entend-on par déontologie?

L’on entend le terme de «déontologie» comme un ensemble de principes professionnels correspondant plutôt à des devoirs qu’à des droits, assurant une légitimité professionnelle tant externe qu’interne et associant – dans les bibliothèques des pays où un code déontologique existe –, des principes de liberté intellectuelle. De manière générale, les réflexions déontologiques – aujourd’hui fréquentes dans de nombreux domaines – résultent souvent d’une approche éthique dégageant des principes d’action jugés bons et souhaitables.

Toutefois, cette tendance n’est pas unanime; certains considèrent que les dispositions législatives et réglementaires sont suffisamment nombreuses et qu’il n’est pas utile d’introduire des textes normatifs complémentaires qui n’ont d’ailleurs pas de valeur strictement juridique. Ce serait même, dans le domaine de la liberté d’expression, nuisible: celle-ci serait enserrée et le but atteint serait contraire à celui affiché. En effet, pour les tenants de cette position, le rôle de la conscience individuelle, les appréciations changeantes ne pourraient plus se manifester.

L’intérêt d’un code déontologique

Cependant, pour l’institution qu’est la bibliothèque, notamment celle relevant d’une collectivité territoriale, il n’est pas sûr que l’existence d’un code déontologique soit néfaste à son fonctionnement.

Pour envisager l’intérêt d’un tel code, l’on a facilement tendance à regarder l’exemple des journalistes qui produisent des matériaux que la bibliothèque communique à ses publics, ce qui contribue à créer une espèce de proximité. Celle-ci ne peut être que limitée. D’abord parce que la presse périodique et audiovisuelle ne fait pas le tout de l’offre de la bibliothèque, ensuite parce que la presse est fondée sur la rapidité et le renouvellement constant de sa production. Il s’agit d’informer – en accentuant évidemment l’événement du jour ou ce qui est considéré comme tel.

La bibliothèque ne connaît pas exclusivement le même rapport au temps. Contrairement au monde de la presse, la bibliothèque n’est pas soumise aux lois du marché 3 , mais elle est comme lui susceptible d’être soumise aux pressions du pouvoir: l’actualité récente le montre.

Or il n’y a pas en France de réel code de déontologie des bibliothécaires en dépit d’un texte voté à l’unanimité par l’assemblée générale de l’Association des bibliothécaires français en 1984, ou bien encore de celui publié par la revue Documentaliste-Sciences de l’information en 1991 4 . Ainsi amorcée, la réflexion sur la déontologie s’est notamment développée en raison de confrontations récentes entre des bibliothécaires et des élus du Front national. En effet, si la bibliothèque donne accès à l’information – comme la presse –, elle ouvre au savoir et à la connaissance et est aussi un lieu de mémoire. A ce titre, elle est confrontée à des enjeux dont les effets peuvent être significatifs au sein de la société. Il s’agit, ni plus ni moins, d’assurer sa place dans une société démocratique reconnaissant la liberté et l’égalité de chacun dans la diversité et la confrontation des idées et des convictions.

La réflexion déontologique peut s’orienter dans plusieurs directions qui pourraient être reprises dans un code: l’accès à la bibliothèque, la protection du lecteur et celle du bibliothécaire.

L’accès à la bibliothèque

D’emblée, l’on peut considérer que les principes constitutionnels s’imposent et gouvernent l’accès à la bibliothèque et à ses collections tant dans les bibliothèques de lecture publique que dans les bibliothèques universitaires et de recherche. Il reste que ces dernières ont vocation à servir un public moins nombreux et spécifique, tandis que les premières s’ouvrent à des publics indifférenciés. Dès lors, les questions relatives à l’accès aux bibliothèques de lecture publique s’avèrent rapidement plus délicates lorsqu’il s’agit d’accès aux collections. Le problème du pluralisme – d’ailleurs partagé par la presse 5 – apparaît aussitôt, ainsi que celui de la validité scientifique. La notion de pluralisme affecte la constitution des collections et, évidemment, leurs contenus, obligeant à préciser ce que recouvre, à la fois, cette notion et les critères requis pour la mettre en œuvre.

Le pluralisme, entendu comme diversité des opinions sur un même sujet, sur une même question, conduit à l’élaboration de critères qui ne peuvent être uniquement techniques pour acquérir et développer 6 les collections encyclopédiques de la bibliothèque de lecture publique. Or, la diversité contenue dans la définition fréquemment donnée du pluralisme n’induit-elle pas une sorte de cadre comptable: un point de vue pour, un point de vue contre? Ainsi, par exemple, Le Pen, les mots contre Le Livre noir du communisme 7 . Ce qui n’a qu’un sens et un intérêt limités. La notion de pluralisme, dans les bibliothèques, ne gagnerait-elle pas à s’approprier celle de critique ? D’un point de vue historique, l’intérêt serait évidemment de rappeler le recours à la critique dans la lutte contre l’ignorance et la croyance et en faveur de l’avènement des Lumières pour tous et, par conséquent, de montrer dans quel terreau s’est enraciné – lentement et de façon sinueuse – le développement de la bibliothèque.

De manière plus contemporaine, l’intérêt est de souligner qu’une approche critique s’appuie sur des argumentations contradictoires . Une approche critique privilégie donc une collection d’ouvrages solidement argumentés, mais contradictoires, quel que soit le domaine disciplinaire. Une telle approche est, de surcroît, en cohérence avec la conception française du service public. La bibliothèque, en tant que service public, est soumise aux quatre principes bien connus: continuité, adaptation, égalité et neutralité. Il s’agit dans ce dernier cas de ne pas faire prévaloir des choix personnels, notamment politiques, religieux ou raciaux dans l’exercice du service, ce qui n’empêche aucunement une conception critique de la constitution des collections.

Est-ce ainsi une collection trop «sérieuse», trop «austère» qui se dessinerait et serait susceptible d’éloigner les lecteurs? Les ouvrages documentaires ne font pas le tout de la bibliothèque, il reste la littérature, les ouvrages de référence, les livres pratiques pour ce qui concerne l’écrit.

Mais certains livres, relevant de ces dernières catégories, peuvent également susciter des difficultés. Ainsi, il y a quelques années, l’on a pu se demander si certains livres avaient leur place sur les rayons de la bibliothèque. L’on pense naturellement aux Versets sataniques de Salman Rushdie, mais aussi dans le domaine de la psychologie – ou du guide pratique? – à Suicide mode d’emploi , avant que ce dernier ouvrage ne soit sous le coup d’une interdiction judiciaire. Ces deux exemples soulèvent des questions différentes, que le respect du pluralisme enrichi de la critique – comme il serait préférable – ne résout pas.

Aujourd’hui, ce sont les livres politiques – entendus notamment comme les ouvrages de ou concernant des hommes politiques et leurs actions – qui sont sur le devant de la scène et plus particulièrement les livres non interdits par les autorités compétentes. On sait qu’il revient au législateur, au pouvoir exécutif (par le biais du ministre de l’Intérieur) et au juge d’interdire pour des motifs divers, certains ouvrages et périodiques destinés tant aux adultes qu’aux enfants. Mais il est pourtant fréquent, aujourd’hui, d’entendre affirmer qu’il faut proscrire de la bibliothèque les ouvrages (non interdits) prônant le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Ce qui conduirait non seulement la bibliothèque à se substituer aux pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et, d’une certaine manière, à adopter les principes d’action de la censure religieuse, mais aboutirait – ce point de vue pris au pied de la lettre –, à la disparition de pans entiers des collections 8 , notamment en littérature. Il convient, à ce stade, de préciser le statut des ouvrages de littérature.

Au-delà de l’opposition traditionnelle entre imaginaire et réel qui les caractérise, c’est le mode de connaissance qui varie et, par voie de conséquence, la critique que l’on peut en faire est de nature différente. Aussi, la «proscription» qui frapperait les ouvrages de littérature ne s’exercerait sans doute pas de la même façon sur les ouvrages documentaires.

Enfin, le pluralisme – entendu comme diversité – que l’on invoque serait mis à mal, si les ouvrages prônant le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie étaient proscrits, dans la mesure où des propos xénophobes sont aisément repérables dans des publications d’extrême droite, affichant constamment la préférence nationale, et qui seraient dès lors nécessairement éliminées. Ce qui n’est pas sans rappeler la proscription, dans un passé pas si lointain, et pour d’autres motifs, de publications de la gauche communiste ou de l’extrême gauche.

Autrement dit, adopter le principe de la proscription de publications extrémistes ou considérées comme extrémistes rend possibles toutes dérives du fait que l’acception du terme d’extrême est variable. En outre, la proscription est une pratique que l’on peut qualifier d’extrême elle aussi. D’une certaine manière, elle s’inscrit dans un registre comparable aux publications récusées. C’est en raison de la variabilité des motivations qui conduisent à la proscription de publications et au fait que celle-ci conduit à adopter une position extrême, par ailleurs dénoncée, que ce principe n’est pas «universalisable». Il doit donc être raisonnablement rejeté. Sinon, c’est accepter que, demain, soient justifiées la proscription et l’élimination d’ouvrages dont les contenus pourront alors être différents de ceux visés aujourd’hui.

S’ajoute une difficulté supplémentaire, liée à la présence de la presse dans la bibliothèque. En effet, de par son rythme de parution, la presse – notamment politique et d’information générale – n’offre pas les développements et les analyses propres au livre: les argumentations contradictoires et la critique n’y sont pas aussi présentes. En l’absence de ces critères déterminants, ne pourrait-on pas considérer la presse politique pour ce qu’elle est? C’est-à-dire périodique et en limiter la conservation tant en nombre de titres qu’en nombre de lieux de conservation?

La définition du pluralisme, enrichi par la critique, les distinctions entre ouvrages de fiction et documentaires, entre ouvrages et presse, sont un fondement nécessaire à la charte des acquisitions. Celle-ci définit les principes de sélection appliqués par le bibliothécaire pour constituer et développer les collections.

Il reste que la possibilité de proscrire un écrit – politique ou non – au motif qu’il est jugé choquant et inadmissible subsiste toujours. Proscrire un tel écrit, c’est aussi considérer que la lecture va convertir, inéluctablement, le lecteur aux thèses soutenues par l’ouvrage, voire le conduire à l’action; c’est ainsi se faire une piètre idée de ses capacités de critique.

Reconnaître au lecteur la liberté de lire – mais aussi de ne pas lire – des livres que l’on réprouve, est parfois difficile. L’on peut alors se remémorer Tocqueville qui était convaincu que la liberté de la presse – entendue comme liberté d’impression – remédie aux maux qu’elle a fait naître. Cela vaut dans le domaine politique qui vient d’être évoqué, mais aussi dans d’autres comme la sexualité ou l’usage des drogues 9 . Un code de déontologie pourrait donc, en s’appuyant sur la charte des acquisitions, mentionner les principes qui la fondent et les différentes interdictions légales dont un écrit peut faire l’objet.

Dans une perspective différente, ne serait-il pas souhaitable que le code aborde aussi la question des contenus des documents accessibles à partir de la bibliothèque? Dès lors que celle-ci donne accès à Internet, se pose, d’abord, la question de la validité des données accessibles. Aussi, il semblerait utile de préciser que certaines données ne sont pas validées par une quelconque instance. Apparaît, ensuite, la question des sites dont les contenus pourraient être jugés racistes et xénophobes ou bien choquants en matière de sexualité. Les éventuelles sanctions juridiques sont, dans ces cas précis, loin d’être aisées à appliquer. Mais il est vrai qu’aujourd’hui la consultation du réseau, dans la bibliothèque, est plus limitée que l’accès direct aux collections.

Il reste que le budget de la bibliothèque – toujours limité – impose des contraintes et une sélection de la production éditoriale dans chaque domaine disciplinaire, ce qui permet quelquefois de résoudre ces questions épineuses tout en restant en accord avec la charte des acquisitions élaborée par la bibliothèque et connue des lecteurs.

Pour autant, un code de déontologie, recensant les principes qui viennent d’être énoncés et sur lesquels se constituent les collections de la bibliothèque, ne donnera pas une réponse pour trouver le point d’équilibre entre une politique de l’offre et une politique de la demande. Cependant, il soulignera fortement l’attachement au principe de liberté intellectuelle défendu depuis des siècles avec des succès divers. Et l’on gardera à l’esprit l’exemple de ces bibliothécaires américains qui invitaient à apposer des autocollants sur les portes de leur établissement demandant à leurs lecteurs de se plaindre auprès d’eux s’ils ne trouvaient pas, dans la bibliothèque, des documents qui les choquaient.

Protection du lecteur et du bibliothécaire

Un code de déontologie ne doit pas seulement traiter de l’accès aux collections, mais aussi des publics. Il s’agit ici du principe de confidentialité et de respect de la vie privée – l’anonymat des emprunts de documents après restitution ou des consultations informatiques à l’issue d’une session est-il aujourd’hui toujours garanti? –, mais aussi de l’obligation de secret professionnel pour le bibliothécaire ayant répondu aux demandes de lecteurs. De manière plus générale, un code pourrait également mentionner les services de la bibliothèque auxquels le lecteur a droit.

Si les lecteurs doivent faire l’objet d’une protection, les bibliothécaires également. Il semble qu’en dépit des difficultés résultant du fait que la plupart d’entre eux relèvent d’une fonction publique, il serait souhaitable d’introduire dans ce code une clause de conscience 10 . Celle-ci, dans le domaine des bibliothèques, est plus complexe à mettre en œuvre que dans le domaine de la presse notamment politique et d’information générale.

En effet, pour les journalistes, les choix et les options politiques sont relativement définis, tandis que, pour le bibliothécaire, il s’agit de rendre compte de la diversité éditoriale et, par là même, il ne peut, en tant qu’individu, être en accord avec l’ensemble des contenus des ouvrages acquis. Il y a donc tension entre l’individu et sa fonction professionnelle, contrairement au journaliste. Pour autant, ne peut-on pas considérer que le non-respect de la Loi 11 , du point de vue du bibliothécaire ayant reçu des instructions qui n’auraient pas subi le contrôle de légalité, autoriserait le recours à la clause de conscience? L’examen de la recevabilité de ce recours – engagé par un fonctionnaire – pourrait être confié à l’inspection générale des bibliothèques (IGB) 12 . L’examen reste délicat dans la mesure où les exécutifs locaux qui donnent ces instructions, bénéficient de la légitimité politique issue du scrutin au suffrage universel.

Ce type de recours permettrait aussi d’engager un débat qui pourrait être porté à la connaissance de l’opinion publique. A l’inverse, l’IGB pourrait être également chargée de sanctionner – et de faire éventuellement condamner – les bibliothécaires qui ne respecteraient pas les textes en vigueur.

Il convient également de rappeler que, le cas échéant, rien n’empêche tout lecteur de la bibliothèque d’engager un recours contentieux devant une juridiction administrative. Il n’est donc pas sûr que le dispositif législatif et réglementaire actuel – même s’il est parfois lacunaire – soit insuffisant.

Quelles perspectives?

La réflexion déontologique ne peut se développer que si elle est largement partagée, notamment par les futurs bibliothécaires. C’est pourquoi, il apparaîtrait souhaitable qu’elle figurât explicitement dans les programmes de formation initiale Eagle Creek EC0A3KE2010 Sac à dos loisirs Homme 66 cm bjFuPIENvq
au lieu d’éléments fragmentaires et éparpillés Dolce amp; Gabbana Portecartes à imprimé graffiti rvZN4
, ainsi que dans les propositions de formation continue. Parallèlement, la formation – garante du niveau de service offert aux lecteurs – constitue une obligation pour chaque bibliothécaire. A ce titre, elle devrait aussi être mentionnée dans un code de déontologie.

De manière générale, un code de déontologie présenterait plusieurs avantages. Il serait une sorte de boussole pour les bibliothécaires, il participerait aussi, selon l’expression des bibliothécaires du Québec, à la reconnaissance de la dignité de la profession et finalement à son autorité. Le code serait connu des tutelles et des lecteurs qui en auraient une copie.

Ce code pourrait s’articuler avec la future loi sur les bibliothèques et, pour certains aspects, la prolonger – ou bien la préparer si ce projet de loi devait encore être retardé. Bien que n’ayant pas la valeur juridique des textes législatifs et réglementaires, un code de déontologie constituerait un intéressant complément pour leur interprétation et serait un élément supplémentaire, particulièrement utile lors d’éventuelles actions en justice engagées par les associations professionnelles de bibliothécaires.

A vrai dire, l’élaboration de ce code ne représenterait pas une tâche insurmontable. Un certain nombre de réflexions ont déjà été engagées lors d’une journée d’étude organisée par l’ABCD (Association des bibliothécaires, conservateurs et documentalistes) en 1992. Les actes en ont été publiés par l’ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation) 15 et permettent d’ores et déjà de disposer de matériaux de travail.

L’existence d’un tel code soulignerait ainsi la fonction spécifique de la bibliothèque au sein de la société en tant que lieu représentatif de la liberté intellectuelle, elle offrirait des garanties aux bibliothécaires et rappellerait, à chacun et à tous, que l’accès au livre et à l’écrit n’est aucunement ordinaire et banal. Les écrits sont de distraction, mais aussi de formation, de réflexion, de confrontations qui fondent la possibilité même de la critique.

La bibliothèque doit être le reflet des divergences et des conflits, issus de la division sociale, qui ont cours dans les sociétés démocratiques. Elle met en lumière les différends et les tensions du vivre-ensemble: démocratie n’est pas synonyme de consensus perpétuel et général. C’est certainement ainsi que la bibliothèque est républicaine.

Mars 1999

Kupiec, Anne. « Éléments de réflexion pour une déontologie professionnelle » . Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 1999, n°4, p. 8-12. Disponible en ligne : <http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1999-04-0008-001>. ISSN1292-8399.

précision

Voyons maintenant un à un les différents paramètres à prendre en compte :

paramètres

Longueur focale

C’est en général la première info qui saute aux yeux en lisant la description d’une optique : la longueur focale s’exprime en mm, par exemple 50 mm ou 18-105mm . Ce chiffre vous indique à quel point votre sujet va être agrandi (ou réduit) par rapport à votre vision quand vous allez le photographier. Cette longueur focale permet de définir des catégories d’objectifs :

longueur focale 18-105mm agrandi Standard à peu près à ce que vous voyez avec vos yeux 35 à 85 mm Grand angle plus large 28 mm ou moins paysages rapproche profondeur Téléobjectif au-dessus de 100 mm animalières

De gauche à droite : un grand-angle (10-22mm), un standard avec un peu de grand-angle (15-85mm) et un téléobjectif (100-300mm)

J’espère que ces 3 catégories très simples vous éclairent déjà un peu. Parlons tout de suite de 2 points en étroite relation avec la longueur focale.

A une même focale, mettons 50 mm, une fourmi n’aura pas la même taille sur la photo si vous êtes à 50 cm d’elle ou à 5 cm , ça paraît évident. C’est là qu’intervient la distance minimale de mise au point : seuls les objectifs macro permettent de mettre au point à une très courte distance , et donc d’obtenir des clichés plein cadre de… fourmis 😛 Donc un objectif est macro s’il a cette caractéristique, qui n’a donc rien à voir avec la longueur focale : il existe des objectifs macro de 50 ou de 200 mm.

à 50 cm d’elle à 5 cm distance minimale de mise au point très courte distance rien à voir

Avec une très faible distance de mise au point (ici sur l’objectif macro Tamron 90mm f/2.8), on peut faire de très gros plans (ici sur un pissenlit).

Pour faire simple : un zoom a une longueur focale qui peut changer, une focale fixe, et bien… est fixe 😀 Vous allez me dire : « Mais c’est nul les focales fixes, il faut marcher au lieu de zoomer !» . Bande de fainéants ! 😛 Je vais généraliser un peu évidemment, car il y a des bonnes et des mauvaises optiques dans les deux catégories, mais voyons leurs avantages :

avantages Qualité nettes moins chères plus simple grande qualité optique plus légères
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L’extrémisme islamique est un sous-produit de l‘impérialisme occidental

Par Garry Leech Arrêt sur info — 12 avril 2016
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Il y a cinquante ans l’extrémisme islamique était pratiquement inconnu et les attentats suicides étaient inconcevables. Bien qu’il y ait de nombreux facteurs en jeu, l’une des causes principales est sans aucun doute l’impérialisme occidental.

Alors que nous peinons à faire face à la réalité des derniers attentats terroristes à Bruxelles, il est important de comprendre les causes d’un tel extrémisme. Après tout, il y a cinquante ans l’extrémisme islamique était pratiquement inconnu et les attentats suicides étaient inconcevables. Et pourtant, il semble qu’aujourd’hui nous soyons quotidiennement confrontés aux deux. Que s’est-il donc passé pour que le fondamentalisme islamique arrive sur le devant de la scène politique mondiale?

Bien qu’il y ait de nombreux facteurs en jeu, l’une des causes principales est sans aucun doute l’impérialisme occidental.

L’intervention occidentale au Moyen-Orient au cours du siècle dernier pour sécuriser l’accès aux réserves pétrolières de la région a créé l’environnement parfait dans lequel les fondamentalistes islamiques ont pu exploiter le sentiment anti-occidental croissant partout dans le monde musulman et certains d’entre eux fonder des groupes extrémistes violents. La créature la plus récente de ce processus est le groupe terroriste connu sous le nom d’État Islamique, qui émergea du chaos provoqué par l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

Afin de comprendre la montée de l’État Islamique nous devons brièvement passer en revue l’histoire de l’intervention occidentale, pas seulement au Moyen-Orient mais à travers le monde pour montrer que l’extrémisme islamique n’est pas un phénomène unique. Au cours des cinq cents dernières années, des peuples partout dans le monde ont recouru à des actes de violence que l’on qualifierait aujourd’hui de terrorisme pour tenter de résister à l’impérialisme occidental.

Les peuples autochtones des Amériques ont souvent utilisé des méthodes violentes pour se défendre contre les colonisateurs européens brutaux. Il y a aussi eu de nombreuses révoltes violentes d’esclaves noirs qui avaient été amenés d’Afrique par bateau au service de l’impérialisme occidental.

En Asie du Sud-Est, le peuple philippin a d’abord violemment résisté aux Espagnols puis s’est à nouveau soulevé lorsque les États-Unis sont devenus les nouveaux maîtres coloniaux des Philippines en 1898. Il semble que les nouveaux sujets coloniaux de Washington n’appréciaient guère le souci manifesté par le président William McKinley pour leur bien-être lorsque celui-ci déclara avec arrogance, qu’étant donné que les Philippins «n’étaient pas aptes à se gouverner, … il ne nous restait rien d’autre à faire que de les prendre tous, et d’éduquer les Philippins, d’élever leur esprit, de les civiliser et de les christianiser.»

Pendant ce temps, en Afrique du Sud, les Zoulous avaient recours à la violence pour tenter de résister aux tentatives britanniques de les «civiliser» à la fin des années 1800. A cette époque, on ne qualifiait pas de «terroristes» ceux qui résistaient violemment à l’impérialisme occidental, on disait seulement que c’était des «sauvages.»

Ces derniers ne sont que quelques exemples des innombrables tentatives qui se sont produites partout dans l’hémisphère sud pour résister à la violente et souvent brutale expansion de l’impérialisme occidental, qui outre la culture et les valeurs occidentales imposait aussi le christianisme aux peuples.

L’une des raisons pour lesquelles l’extrémisme islamique n’est arrivé sur le devant de la scène qu’au cours des récentes décennies, c’est que l’impérialisme occidental n’est qu’un fait relativement récent au Moyen-Orient. Il n’a commencé à y faire une percée sensible qu’au début du 20ième siècle. Par conséquent, nous ne sommes pas encore parvenus à soumettre par la violence les peuples de cette région au point où nous avons soumis les peuples de la majeure partie du reste du monde.

Dans certains pays du Moyen-Orient l’impérialisme occidental a initialement pris la forme du colonialisme traditionnel, qui impliquait l’exercice du pouvoir direct. Dans d’autres pays, il a mis en place une approche néocoloniale en utilisant des institutions internationales comme le Conseil de Sécurité de l’ONU, le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale ainsi que l’intervention états-unienne et européenne directe sous forme de coups d’état militaires voire de guerres pures et simples.

Tandis que les nations européennes, notamment la Grande Bretagne, avaient fait quelques incursions au Moyen-Orient à la fin des années 1800, c’est la découverte du pétrole en Iran en 1908 qui marqua l’arrivée de l’impérialisme occidental. La Anglo-Persian Oil Company (APOC) dont le siège était à Londres obtint les droits d’exploitation du pétrole iranien et, comme son principal actionnaire était le gouvernement britannique, la Grande Bretagne contrôlait de fait le secteur pétrolier iranien.

Au cours des décennies qui suivirent, il y eut des protestations importantes de la part du peuple iranien mécontent que le pétrole de leur pays fût entre des mains étrangères et que l’Iran ne reçût que 16 pourcent de sa propre richesse pétrolière. En 1950, le parlement iranien finit par accéder aux exigences de la population et vota la nationalisation du secteur pétrolier du pays. L’année suivante, le premier ministre Moahmmed Mosaddegh constitua la.

Mécontents de la décision de l’Iran de revendiquer la propriété de ses propres ressources pétrolières et de les utiliser au profit du peuple iranien, les États-Unis et la grande Bretagne ont orchestré un coup d’état pour chasser le gouvernement Mossaddegh modéré, laïque et démocratiquement élu. Le Shah Reza Pahlavi fut porté au pouvoir et le nouveau dictateur pro-occidental se pressa de rouvrir la porte de l’Iran aux sociétés occidentales. Et pour s’assurer que le Shah pût maintenir un contrôle absolu sur la population, les États-Unis lui ont procuré de l’aide militaire ainsi que la formation de sa police secrète, qui brutaliserait le peuple iranien pendant les 26 années suivantes.

Sous le régime du Shah, des travailleurs occidentaux de l’industrie pétrolière affluèrent en Iran, et la capitale du pays Téhéran devint le terrain de jeu décadent des travailleurs étrangers de l’industrie pétrolière bien payés qui s’adonnaient ouvertement à des activités non-islamiques au nombre desquelles la consommation d’alcool, les jeux d’argent et la prostitution. Et pendant que la richesse provenant du pétrole du pays remplissait les poches des étrangers et du Shah et de ses copains, la plupart des iraniens avaient du mal à survivre dans la pauvreté.

Non sans surprise, les fondamentalistes islamiques commencèrent à pointer du doigt l’impérialisme occidental et la décadence occidentale comme un affront à l’islam et au peuple iranien. Ce discours commença à avoir une certaine résonance chez de nombreux Iraniens pauvres qui étaient traditionnellement modérés. En 1979 une révolution populaire, sous la direction de l’Ayatollah Khomeini, renversa le régime répressif du Shah et établit un état islamique.

Réfléchissant sur le rôle des États-Unis en Iran, l’ancienne secrétaire d’état Madeleine Albright déclara, «En 1953 les États-Unis ont joué un rôle significatif en orchestrant le renversement du premier ministre populaire d’Iran Mohammad Mossaddegh. L’administration Eisenhower croyait que ses actions étaient justifiées pour des raisons stratégiques; mais le coup d’état était clairement un recul pour le développement politique de l’Iran. Et il est facile de voir maintenant pourquoi de nombreux Iraniens continuent à éprouver de la rancune à l’égard de cette intervention de l’Amérique dans leurs affaires internes.»

La première grande victoire du fondamentalisme islamique découla directement du renversement par les États-Unis et la Grande Bretagne d’un gouvernement laïque et démocratiquement élu et leur soutien ultérieur à une dictature brutale, tout ça pour s’assurer l’accès au pétrole. Aujourd’hui, nous devons toujours faire face non seulement aux conséquences de l’impérialisme occidental dans nos relations avec l’Iran, mais aussi au soutien de l’Iran à d’autres groupes fondamentalistes de la région comme le Hezbollah.

La même année où Iran devenait un état islamique, l’Union Soviétique envahissait l‘Afghanistan pour défendre le régime impopulaire de ce pays soutenu par les Soviétiques contre une rébellion croissante. Les rebelles moudjahidines, comme les révolutionnaires islamiques en Iran, se battaient contre une dictature soutenue par l’occident.

Cette fois, les impérialistes étaient les communistes athées de l’Union Soviétique.

L’invasion soviétique de l’Afghanistan ne fit que renforcer la force des moudjahidines car les recrues affluaient de tout le monde musulman pour contribuer à libérer le pays des infidèles étrangers. Des dizaines de milliers de recrues vinrent de l’Arabie Saoudite, ce qui contribua à ce que le mouvement fondamentaliste connu sous le nom de Wahbahism se transformât de secte marginale de l’islam, qui au départ existait principalement en Arabie Saoudite, en une force religieuse majeure à travers le monde musulman sunnite.

Les États-Unis voyaient l’occupation soviétique de l’Afghanistan à travers le prisme de la Guerre Froide et commencèrent à fournir armes et entrainement aux rebelles moudjahidines fondamentalistes islamiques. Au cours des années 1980, Washington procura aux moudjahidines des armes pour un montant de 4 milliards de dollars qui renforcèrent considérablement les fondamentalistes, et le Président Ronald Reagan fit publiquement référence à ces derniers comme «combattants de la liberté.»

L’un des moudjahidines récipiendaires de l’aide états-unienne était un Saoudien dénommé Osama ben Laden. L’objectif principal de la guerre pour ce «combattant de la liberté» était le retrait des forces militaires occidentales des terres musulmanes.

Les moudjahidines remportèrent leur guerre sainte en 1989 lorsque l’Union Soviétique retira ses troupes. Puis, en 1996, suite à une guerre civile qui opposa diverses factions des moudjahidines, celle victorieuse et récemment constituée des Talibans établit un gouvernement fondamentaliste.

Comme en témoignait un article en 1993 du quotidien britannique l’Independent, Osama ben Laden était considéré en Occident comme un guerrier, et non un terroriste, pour son rôle au sein des moudjahidines. L’article intitulé «Le guerrier anti-soviétique met son armée sur la route de la paix,» décrivait le travail de construction de routes de ben Laden au Soudan, nation très pauvre au début des années 1990.

Mais ben Laden ne construisait pas seulement des routes, avec ses combattants moudjahidines il jetait aussi les bases d’une nouvelle organisation qui prendrait le nom d’Al-Qaïda. La cible était cette fois les troupes états-uniennes basées en Arabie Saoudite et au Koweït après la première Guerre du Golfe. Par conséquent, de «combattant de la liberté» ben Laden devint «terroriste» quasiment du jour au lendemain bien que sa mission fût inchangée, seule la cible l’était.

Du point de vue de Washington, ben Laden était un «combattant de la liberté» quand il combattait contre la présence militaire soviétique en Afghanistan, mais était un «terroriste» quand il combattait contre la présence des forces militaires états-uniennes dans le monde musulman. Du point de vue de ben Laden et de ses partisans extrémistes islamiques, rien n’avait, toutefois, réellement changé. Qu’il s’agît de soldats soviétiques ou de troupes états-uniennes, les deux constituaient des forces militaires occidentales qu’il fallait chasser de terre d’islam.

Finalement, l’intervention occidentale dans le monde musulman donnera naissance à Al-Qaïda. D’abord le soutien militaire soviétique à un régime fantoche en Afghanistan, puis le soutien états-unien aux fondamentalistes islamiques qui ont formé les rebelles moudjahidines, et, finalement, l’établissement de bases militaires en Arabie saoudite et au Koweït pendant la première Guerre du Golfe.

La conséquence de ces actions impérialistes fut l’émergence de puissantes forces d’extrémistes islamiques, les Talibans et Al-Qaïda, cette dernière se nourrissant du désenchantement croissant chez les musulmans que rendaient furieux le militarisme occidentale dans le monde musulman, le soutien occidental aux régimes corrompus du Moyen-Orient, et le soutien états-unien à Israël et son occupation illégale des territoires palestiniens.

Suite aux attentats terroristes d’Al-Qaïda à New York et Washington le 11 septembre 2001, les États-Unis ont lancé leur guerre contre la terreur et ciblé le groupe extrémiste islamique en Afghanistan. Toutefois, l’administration Bush a aussi cherché à exploiter les attentats du 11 septembre pour justifier l’expulsion de Saddam Hussein du pouvoir en Irak.

Des personnages haut placés de l’administration Bush ont lancé une vaste propagande et une campagne de désinformation pour convaincre le peuple américain que Saddam Hussein était directement impliqué dans les attentats du 11 septembre et qu’il était lié à Al-Qaïda, ce qui était faux dans les deux cas. Ils ont aussi présenté Saddam Hussein comme une menace terroriste parce qu’il possédait des armes de destruction massive, ce qui était également mensonger.

Comme l’avaient démontré les rapports établis par les inspecteurs onusiens de la commission de contrôle et de vérification des armes, l’Irak n’avait plus d’armes chimiques ou biologiques; elles avaient été détruites conformément aux exigences des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU qui ont suivi la première Guerre du Golfe.

De plus, la campagne de propagande de l’administration Bush oublia comme par hasard de mentionner que les armes de destruction massive que l’Irak avait possédées et utilisées dans les années 1980, lui avaient été fournies par les États-Unis lorsque Saddam Hussein était leur allié contre le régime fondamentaliste qui était arrivé au pouvoir en Iran.

En mars 2003, le président George W. Bush donna l’ordre à l’armée états-unienne d’envahir l’Irak sans l’autorisation du Conseil de Sécurité de l’ONU et en violation directe du droit international. Quatre jours avant l’invasion, le vice prédisent Dick Cheney déclara, «Du point de vue des Irakiens, j’ai la conviction, qu’en fait, nous serons accueillis en libérateurs.»

Mais un an plus tard un sondage d’opinion détaillé effectué à l’échelle nationale montra que 71% des Irakiens considéraient les troupes états-uniennes comme des «occupants» plutôt que comme des «libérateurs.» Une telle réaction n’aurait pas dû être une surprise étant donné que l’invasion et l’occupation avaient fait quelques 100 000 morts irakiens.

L’occupation militaire souleva une insurrection qui chercha à expulser les troupes d’occupation étrangères. Avant l’invasion états-unienne il n’y avait pas de groupes extrémistes islamiques qui opéraient en Irak. Mais l’émergence d’un mouvement insurrectionnel aux tendances diverses et le chaos qui suivit l’invasion fut un appel d’air pour Al-Qaïda.

Et c’est à partir de ces deux entités, les insurgés et Al-Qaïda qu’est né l’État islamique fondamentaliste en 2006 (connu d’abord comme l’État islamique d’Irak et de Syrie, ou ISIS).

Après l’invasion, les États-Unis démantelèrent l’armée de Saddam Hussein et de nombreux anciens officiers au chômage finirent par rejoindre l’insurrection. Certains de ces officiers militaires conspirèrent avec une faction séparatiste d’Al-Qaïda en Irak pour former l’État Islamique. Le nouveau groupe extrémiste chercha à établir un califat islamique dans le nord de l’Irak et de la Syrie.

La guerre civile syrienne de 2011 permit à l’État Islamique de pénétrer en Syrie où il se renforça considérablement et commença à consolider son contrôle territorial. Ensuite, il recentra ses efforts sur l’Irak et infligea aisément la défaite à la nouvelle armée irakienne entraînée par les États-Unis et consolida son contrôle du nord du pays en 2014.

Pendant ce temps, l’intervention militaire de l’Occident en Libye contribua à faire de ce pays un état en faillite et ouvrit la porte à l’État Islamique lui offrant une tête de pont dans cette partie d’Afrique du Nord.

L’État Islamique a remarquablement bien réussi à recruter dans ses rangs des musulmans désenchantés un peu partout dans le monde et à leur faire commettre des attentats terroristes dans des pays occidentaux comme la France et la Belgique.

L’année dernière, même l’ancien premier ministre britannique Tony Blair a reconnu «il y a des éléments de vérité» dans les affirmations que l’invasion de l’Irak a mené à la création de L’État Islamique. Comme l’a admis Blair, «Bien sûr, on ne peux pas dire que ceux d’entre nous qui avons destitué Saddam en 2003 n’ont aucune responsabilité dans la situation de 2015.»

Répétons le, les actions impérialistes occidentales au Moyen-Orient avaient donné naissance à l’extrémisme islamique. Mais la montée de L’État Islamique n’aurait dû surprendre personne. Que l’invasion illégale de l’Irak par l’administration Bush jetât les bases de l’émergence de L’État Islamique était tout à fait prévisible.

Après tout, le renversement par l’Occident du modéré et laïque Mosaddegh et son soutien au régime impitoyable du Shah en Iran avaient été à l’origine de la révolution fondamentaliste islamique de ce pays. Le soutien militaire de Washington aux rebelles fondamentalistes en Afghanistan et l’établissement de bases militaires en Arabie Saoudite et au Koweït assurèrent l’émergence d’Al-Qaïda.

Pendant ce temps, l’impérialisme occidental dans d’autres parties du Moyen-Orient au cours du siècle dernier a aussi contribué à la montée du fondamentalisme islamique.

Tandis que la plupart des états arabes de la région ont obtenu leur indépendance après la deuxième guerre mondiale, les États-Unis et la Grande Bretagne ont au fond remis la majeure partie de la Palestine aux juifs européens pour qu’ils puissent créer l’état juif d’Israël. Et, depuis lors, Israël a reçu le soutien inconditionnel des États-Unis pour réprimer brutalement le peuple palestinien et pour violer de façon répétée le droit international, générant un sentiment anti-occidental généralisé dans tout le Moyen-Orient.

Ce n’est environ qu’après 40 ans de domination israélienne sur les terres palestiniennes que le fondamentalisme islamique et la tactique des attentats suicide firent une percée dans la population palestinienne traditionnellement modérée. Ceci se produisit avec la constitution du Hamas dans les territoires occupés au milieu des années 1980. De même, ce fut l’invasion par Israël du Liban soutenue par les États-Unis qui donna naissance au groupe fondamentaliste Hezbollah au cours de la même décennie.

Au cours des cent dernières années, le Moyen-Orient a été la cible de la même violence qu’a subi le reste du monde depuis des siècles de la part de l’impérialisme occidental. Aujourd’hui nous utilisons des termes politiquement corrects, tels que «promouvoir la démocratie» et «droits de l’homme» au lieu de «civiliser» et «christianiser,» mais ils signifient globalement la même chose parce que ce sont les dernières trouvailles pour justifier le vol des ressources et l’imposition des valeurs occidentales à d’autres cultures.

Il ne faut pas s’étonner, que comme cela a été le cas dans le reste du monde au cours des 500 dernières années, il y ait au Moyen-Orient une rancune et une colère généralisée envers l’Occident en raison de sa politique impérialiste. Et tout aussi peu surprenant, certains musulmans fondamentalistes résistant à l’impérialisme occidental ont recours à des méthodes extrémistes.

Finalement, l’une des caractéristiques les plus inquiétantes peut-être de l’impérialisme occidental dans le monde musulman, c’est le fait que chaque conséquence a été plus extrême que la précédente. Al-Qaïda et les Talibans étaient bien plus extrémistes que le gouvernement islamique qui arriva au pouvoir en Iran. Et l’État Islamique est encore plus extrémiste qu’Al-Qaïda.

Ce qui nous amène à la question: Quelle nouvelle monstruosité encore plus extrémiste sommes-nous en train de créer par nos interventions militaires et notre politique impérialiste en cours dans le monde musulman?

Garry Leech |30 mars, 2016

Garry Leech est journaliste indépendant et écrivain.

Article original: http://www.counterpunch.org/2016/03… Source: Info-Palestine.eu
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